Tous les jours, nous sommes à l’aube au village. Il fait agréablement frais comparé à la journée où la température monte jusqu'à 40 °C. Nous
assistons au levé du soleil en même temps qu'au réveil des villageois. Lorsque nous arrivons, il y a juste quelques femmes qui traient les buffles et préparent le t'chaï du matin, puis un à un,
tous apparaissent, le visage encore endormi. C’est notre moment préféré, personne ne s’occupe de nous, ni de la caméra, tous vaquent à leurs occupations dans un état totalement
naturel. Certains enfants partent à l’école et d’autres avec leurs parents vont travailler dans les champs. Tiens!!! Ce serait un bon exemple, pour montrer aux jeunes occidentaux qu’ils ne sont
pas à plaindre. Les jeunes d’ici bossent dur, sous un soleil de plomb, et ne s’en plaignent jamais, au contraire, ils sont heureux, et le prennent souvent comme un divertissement. Il faut savoir
qu’un enfant qui va à l’école c’est une personne en moins dans les champs, donc, de l’argent en moins. Ils sont loin du courant de la mode, ils aspirent simplement à la
paix. Un jour, nous avons vu naître un
petit veau, c’était formidable de voir, à quel point, ils étaient contents. Ici, les gens sont comme ça, tellement simples, qu'ils nous donnent l'image d'une grande richesse.

Les plus jeunes, trop petits pour travailler s’amusent, le village prend alors des airs de cour d’école. Un de leurs jeux favoris, c’est de jouer aux billes avec des
petits cailloux tout ronds. Ils sont très créatifs et ont beaucoup d’imaginations, ils inventent sans cesse un tas de choses avec presque rien.
Certaines maisons sont recouvertes de fresques faites à la craie,
ce sont des dessins d’enfants représentant leurs environnements : papa, maman allant travailler aux champs, des fleurs, des animaux… mais je soupçonne les filles (allant à l’école de SAFWCO)
avoir eu des idées grâce aux les professeurs qui développent leurs créativités par différentes activités artistiques.
Ça faisait longtemps que nous n’avions pas eu autant de contacts avec des femmes, nous avons même eu le privilège de serrer la main à certaines d’entre elles.
Une fois, nous nous sommes retrouvés au milieu d’un groupe et c'est nous qui nous sentions un peu gênés t'en elles étaient à l'aise. Ici, la majorité d’entre elles sont habillées de
toutes les couleurs, avec des bracelets recouvrant leurs bras et qui ont souvent un percing dans le nez. Vous me direz, peut-être parcequ’elles sont hindoues et non musulmanes, et je vous
répondrais que l’habit traditionnel ici c’est le sari et que presque toutes les femmes le porte qu’elles soient musulmanes, catholiques ou hindoues.
Une fois revenu des champs, vers 13h 14h , elles préparent le
repas de midi, mais pas de cuisinière alors elles préparent le feu, elles se servent des bouses de buffle qui mises en forme de galette sont séchées au soleil, c'est leur combustible et
croyez-moi c’est efficace! Puis, certaines retournent aux champs pendant que d’autres vont faire la lessive. Pas de machine à laver! À l’aide d’un savon naturel, elles frottent les vêtements
et frappent le linge avec une petite batte afin de l’essorer sans trop l’abîmer. Puis elles le rincent dans l’eau qui sert à l’irrigation et le font sécher sur l’herbe ou sur des
branchages.
Lorsque nous faisons une pause, il y a tout le temps quelqu’un qui nous rapporte de l’eau et un t'chaï, que nous le voulons ou pas (la tradition nous empêche de
refuser). Nous discutons toujours un peu, grâce à notre langage préféré : la gestuelle accompagnée de bruitage et quelques mots que nous connaissons, même si cela reste basique, nous
communiquons!
Quand nous reprenons le tournage, principalement l’après-midi, il y a plus de monde autour de nous, surtout des enfants.
Étant curieux de notre travail, ils s'agglutinent prés de nous, se
bousculent en essayant de regarder l’écran de la caméra ce qui dérange Ben dans sa concentration. Parfois, lors de prise de vue importante, un ou plusieurs enfants se jettent devant la caméra et
font des coucous, des grimaces ou bien restent devant la caméra et la fixent sans bouger.
C’est franchement pas "super" quand ça gâche des plans que
nous ne pouvons refairent. Alors nous avons instauré une règle : une zone de 30 mètres derrière la caméra à ne pas franchir, très difficile à faire respecter, nous avons donc
trouvé une autre solution impérative, nous ne les filmerons que s'ils vaquent à leurs occupations sans s’occuper de nous ni de la caméra, sinon pas de film! et comme par magie, ils
se sont presque tous mis à faire quelque chose. Il y a bien encore quelques résistants, mais ils nous aident à faire la police avec les enfants.
Vers 19h00, à la tombée de la nuit, nous leur disons "au revoir" dans d’interminables « namaste, namaste » ainsi que « danlebad » (merci
énormement) et tous les enfants nous accompagnent jusqu'à la sortie du village. Certains, craignant pour notre sécurité( à cause des chiens sauvages et du manque de lumière) veulent nous
raccompagner, mais nous les en remercions en leur faisant comprendre qu’il n’y a pas de problème et que nous pouvons nous débrouiller seuls. Cependant longtemps nous les entendons au
loin, les enfants crient sans cesse « namaste, namaste ».
Voilà, encore une aventure de l’"asian projekt" plein de moments forts que nous
n’oublierons pas de si tôt. Même si nous n’avons pas pu dormir au sein du village nous sommes complètement ravies de cette rencontre et nous les remercions chaleureusement, nous avons
été accueillit comme leurs frères dans une simplicité immense avec toutes leurs joies de vivre malgré leur vie très difficile.
Franchement, venez faire un tour au Pakistan, c’est un magnifique pays où les gens sont
énormément accueillants, ne croyez pas tous ceux qui vous diront que le Pakistan est un pays pas sûr, ils sont loin de la réalité... Venez-y faire un tour pour voir de vos propres yeux et vous
changerez complètement d’avis, comme moi vous essayerez de faire changer les mauvaises opinions sur ce pays.