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Il se trouve en Inde, dans l’état de l’Himachal Pradesh, perché à 1800 mètres d’altitude, une toute petite ville du nom de MacLeod Ganj.
Fondée vers les années 1850 pour héberger des garnisons Britaniques, elle fût baptisée par le lieutenant-gouverneur du Punjab, David Mac Leod. Elle est située à 10 km de Dharamsala, dans la chaine de montagnes du Dhouladhar. Elle deviendra 100 ans plus tard une ville très importante pour des milliers de Tibétains.


La Chine envahit le Tibet en 1950 et tente de détruire la culture si bienveillante du peuple tibétain. Soutenu par leur chef spirituel, Sa Sainteté le 14e dalaï-lama (Tenzin Gyatso) le pays résiste tant bien que mal, sans violence et dans une passivité incroyable aux assauts effroyables des Chinois. Ces derniers n’hésitaient pas à battre à mort des moines, à violer des femmes, à détruire des monastères et toutes les représentations divines, obligeant ainsi le peuple à oublier sa culture (langue, philosophie…). Des centaines et centaines de tibétains sont emprisonnées, ou enlevées comme le Panchene Lama (personnage important) âgé de 16 ans.

 

C’est en avril 1960, pendant la révolte de Lhassa (capitale du Tibet) que le Dalaï-Lama accepte l’offre faite par le gouverneur Indien, de venir se réfugier, ici, à MacLeod Ganj. Quatre-vingt mille Tibétains suivent leur chef spirituel et s’installent dans cette petite ville.

La première chose a été de construire un centre pour les orphelins qui avaient perdu leur famille lors de la traversée de l’Himalaya. Ensuite, il a fallu créer des bâtiments pour le gouvernement qui se sont construits dans le quartier de l’heureuse vallée de la neige. Tous les monastères détruits à Lhassa furent reconstruits, comme le monastère Numgyal (gardien du bouddhisme tantrique) . Au fil des années, s’y sont ajoutés d’autres monastères, des nonneries, des écoles, des institutions, des associations…

 


On y trouve plusieurs sites importants:

­ Le complexe Tsuglagkhand où réside Sa Sainteté le Dalaï-lama et le gouvernement en exil.



- Le Norbulingka, créé pour promouvoir et préserver l’identité de la culture. Les réfugiés y trouvent les ressources nécessaires leur permettant de développer l’art et la tradition littéraire.

 

 



- Le Deden Tsuglakhan (le temple principal) équivalant du Jokhang à Lhassa :
 

 



Construit dans le style traditionnel d’après un plan, basé sur les dimensions de la plus grande statue pour le Tibet en exil, celle du Bouddha Shakyamuni (bodhisattva de la compassion) qui est accompagné de deux autres statues, Avalokisteshvara et Padurasala. Les murs sont entièrement peints, 1173 représentations du Bouddha, les douze actes du Bouddha, les 14 incarnations du Dalaï-Lama, des sages, des grands maitres…

 

 

 



Tous les jours, quelques personnes y effectuent le Kjangchnag. Debout, les deux mains jointes sur la tête, puis sur la poitrine, le corps s’incline, se prosterne puis s’allonge sur le sol, jambes unies par une cordelette, bras tendus. Le rituel dure quelques minutes voire quelques heures. Puis ils font le tour de la ville en passent par tous les endroits sacrées.

 


- La bibliothèque d’art tibétain, possède des livres rares. On peut y suivre des cours de langue et de philosophie. À l'étage se trouve un musée qui renferme des millions de manuscrits et d'objets sacrés sauvés de la « razzia » chinoise.

- Le monastère Nechung, où réside l'oracle, le porte-parole du gouvernement tibétain . Il a pour mission de protéger le Dalaï-Lama et de donner une âme à cette terre d'asile.




Defiant Pekin, MacLeod Ganj est devenu, un Lhassa miniature. Des milliers de drapeaux Tibetain surplombent les toits et embrassent le ciel, comme pour rendre gloire à l'identité du peuple, accompagnés des drapeaux de prières, qui flôttent grâce au vent et portent ainsi des messages au-delà des frontières.


Les rues sont sillonnées par les moines, les femmes vêtues de la traditionnelle Tchouba (longue robe réhaussée d'un tablier à rayures multicolores) et les hommes, avec leur incontournable chapeau. Dans un flux de regards rieurs et de sourires se mêle l'éternelle mélodie monotone des mantras (prière orale) repetée à l'infini, accompagnée de l'odeur envoûtante des encens naturels qui embaume les rues.



Aujourd'hui, la modernité côtoie les traditions ancestrales. Les hôtels, restaurants et boutiques artisanales se sont multipliés. On vient des quatre coins du monde pour soutenir la cause Tibetaine ou pour recevoir les enseignements du Dalaï-Lama délaissant quelque peu la population d'origine qui accepte cette condition.

Derrière les deux principales rues marchandes, passé le seuil d’une maison, on trouve une famille qui tente de reconstituer sa vie; à côté de l'autel où trône le portrait du Dalaï-Lama et des lampes à beurre, la photo d'une mère, d'un père, d'un fils ou d'un frère resté au Tibet, dont ils n'ont plus de nouvelles.




Encore un jour d'exil s'est écoulé à MacLeod, un jour de plus d'oppression pour ces six millions de Tibetains vivant sur le toit du monde.
Et pourtant, après 40 ans, l'espoir du peuple reste intact. Bien que séparé, ce peuple s'unit pour crier sa douleur, sa révolte et son espoir de retrouver, un jour, leur terre libérée.




LIBEREZ LES, LIBÉREZ-NOUS !!!

 

Jeudi 26 juin 2008
- Par Prozeper & Mercure - Ecrire un commentaire
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